2010-03-16

Service Web IRBAB - Message hebdomadaire Sem.10-11 : Message n°01

Molenstraat 45,
B-3300 Tienen

Fax 016/82.04.68

Institut royal belge pour
l'amélioration de la Betterave
asbl

Programme Vulgarisation Betterave Chicorée,
dans le cadre des Centres Pilotes

Message 10/01 du 16 mars 2010

info@irbab.bewww.irbab-kbivb.be


avec le soutien financier du Ministère de la
Région Wallonne, DGA
- Direction du Développement et de la Vulgarisation

1.  Développement Cultural Situation Générale Sem. 10-11

En date de ce lundi 15, il y avait 235 ha de betteraves déjà semés dans la région de Furnes (région des Polders). Ailleurs plus au Centre du pays et au cours de la semaine écoulée, quelques terres destinées à la betterave ont été abordées pour déjà appliquer la fumure minérale azotée, mais sans y préparer réellement le sol pour les travaux de semis.

A la sortie d’un hiver 2009-2010, caractérisé par une longue période de froidure et relativement sèche, avec de nombreux jours de gel souvent intense, les terres présentent généralement un bon état de structure. Les opérations de préparation de semis devront veiller à respecter cet état, à travailler superficiellement sans affiner le lit de semis et surtout attendre un ressuyage suffisant.

2.  Techn.cult. Généralités Sem.10-11 : Conseils au semis

Evitez de travailler des terres trop humides. Les outils provoquent alors des zones lissées que les jeunes racines auront du mal à percer.

Vérifiez les pressions de gonflage des tracteurs et choisissez la pression minimale tolérée. Ceci a une influence considérable sur le tassement, limite la compaction du sol et permet d’aborder les terres plus rapidement. Pour la préparation du lit de germination, utilisez, dans la mesure du possible, des éléments qui permettent d’avoir un tassement identique à celui du tracteur et ceci sur toute la largeur de travail (tasse-avant, etc.). Ceci permet d’effectuer un travail très précis en surface. Réglez les outils pour conserver des petites mottes en surface.

Vérifiez bien les profondeurs de travail des semoirs. Pour les semis dans des restes de débris végétaux, optez pour une profondeur de 2,5 cm. Les risques de battance sont nettement moindres que dans les terres labourées. Dans les terres labourées, les semis hâtifs seront plus superficiels.

Veillez dans la mesure du possible à laisser la terre se ressuyer et « blanchir », ceci évite bien des déboires.

3.  Techn.cult. Généralités Sem.10-11 : Aires enherbées

Les aires de stockage sont importantes pour limiter la tare et les pertes de production au moment du chargement des betteraves. Ceci est particulièrement important dans les zones où fonctionnent des déterreurs à table d’avalage. Outre les possibilités de stocker des betteraves sur éteules ou sur prairie, on peut également prévoir des aires de stockages temporaires. Dans ce cas, on profitera de la préparation du lit de germination pour la betterave, pour ensemencer ces emplacements avec de l’herbe ou du trèfle blanc (8 kg/ha). Il est important de savoir que dans le cas des avaleurs de 8m de large, il faut prévoir une longueur de stockage de 14m par hectare de betteraves.

4.  Techn.cult. Généralités Sem.10-11 : Semis de variétés double tolérantes

Suite à leur plus grande sensibilité à la montaison, il est vivement recommandé de ne pas semer trop tôt les variétés doubles tolérantes rhizomanie – rhizoctone ou rhizomanie – nématodes. Mieux vaut attendre une climatologie plus douce (températures minimales supérieures à 5°C) et un sol réchauffé avant de les semer. Un semis trop précoce avec de telles variétés engendre un risque réel d’un nombre important de montées par hectare.

5.  Techn.cult. Généralités Sem.10-11 : Couverts végétaux hivernaux et non-labour

Bon nombre de couverts ont été atteints par les gelées mais ne sont pas toujours complètement détruits. Il est conseillé d’effectuer un traitement avec un herbicide non-sélectif sur les couverts végétaux et adventices sur sol sec ou sol gelé. Les ornières perturbent la préparation superficielle du lit de germination. Or, en condition de non-labour, une préparation grossière et superficielle du lit de germination permet d’éviter des ruptures de capillarité dans les sols. Ce phénomène est très visible les années sèches et constitue un des grands avantages du non-labour.

6.  Semences Qualité Généralité Sem.10-11 : Qualité des graines 2010

Tous les lots de graines de betterave commercialisés en 2010, via les sucreries, ont été échantillonnés par l’IRBAB au début mars, avant leur distribution par les services agronomiques. Les résultats des tests de germination, tests de calibre et autres analyses seront publiés sur le site Internet de l’Institut, au fur et  mesure de leur détermination. Les valeurs inférieures à la norme du cahier de charge des graines commercialisées seront présentées en rouge sur le site Web de l’Institut.

Lors de récents tests de germination, réalisés par l’IRBAB en conditions de laboratoire (température de germination : 10°C), certains lots de graines activées, datant de 2009 et conservés dans de bonnes conditions de conservation (c.à.d. au sec et au frais) ont révélé une perte de la vitesse de germination (perte de l’activation), mais sans incidence sur la levée finale. Les lots conservés dans des conditions non idéales (humidité élevée) présentent une levée insuffisante, principalement chez les variétés doubles tolérantes ! Pour s’assurer de la qualité des lots de graines conservés depuis 2009, dans des conditions non idéales ou de variétés doubles tolérantes, il convient donc de réaliser au préalable un petit test de germination (mettre des graines à germer, dans un local frais) avant de les utiliser.

7.  Ravageurs Rongeurs Sem.10-11 : Mulots - Alimentation alternative

Malgré les conditions hivernales particulièrement rigoureuses, on peut s’attendre à des dégâts de mulots (graines décortiquées avant germination) en cas de semis hâtifs, en particulier dans les champs sous couvert ou situés à proximité de talus enherbés ou de bois.

Pensez à alimenter les mulots afin de leur procurer une habitude alimentaire à un moment où il y a peu de nourriture à leur disposition. Ceci limitera leur attirance pour les graines de betterave au moment du semis. Placez des grains, au moins 10 à 15 jours avant le semis, sous une tuile creuse ou sous des morceaux de tuyaux en PVC pour les protéger de la pluie ou pour éviter que des oiseaux ne les prélèvent.

Pensez à réapprovisionner régulièrement ces appâts, en fonction de la consommation, jusqu’au moment de la germination des graines de betterave.

Pour information, il n’existe plus de pesticides agréés pour lutter contre les attaques de mulots. Seul un produit à base de bromadiolone est agréé « toute culture » contre les attaques de campagnol. La liste des rodenticides agréés en betterave en 2010 est disponible sur www.irbab-kbivb.be (cliquez ICI).

8.  Ravageurs Mollusques Sem.10-11 : Lutte contre les limaces

Malgré la rigueur de l’hiver, on peut s’attendre à des attaques de limaces, surtout dans les semis sous couvert. Leur importance peut être facilement évaluée par piégeage.

Placer, en début de journée, un morceau de plastic noir (± 0,5 x 0,5 m) sur un emplacement de sol humide ou qui aura été préalablement arrosé (5 à 10 l d’eau). Une vingtaine de granulés anti-limaces auront été déposés uniformément sur la zone recouverte par le piège à limaces. Le morceau de plastic est ensuite maintenu en place. La présence de limaces mortes endéans les 1 à 3 jours témoignera de leur activité. On peut observer diverses espèces de limaces dont les plus dommageables sont parmi les petites espèces. Répétez l’opération ou déplacez le piège à d’autres endroits, si vous craignez la présence de limaces, en fonction des zones à risque.

Le seuil d’intervention se situe entre 1 à 3 limaces/m². Le traitement des zones infestées doit être fait préventivement, avant la levée des betteraves. Renouveler les observations et le traitement après la levée, si nécessaire et en fonction de la pluviométrie.

La liste des anti-limaces (molluscicides) agréés en betterave en 2010 est disponible sur le site Web de l’IRBAB (cliquez ICI).

9.  Fertilisation minérale azotée Sem.10-11 : Avis de fumure azotée - Généralités

Les avis de fumure établis au niveau de la parcelle tiennent compte de facteurs de sécurité pour déterminer la dose conseillée. Il est donc inutile d’apporter de l’azote en excès. Cet excès pénalisera la teneur en sucre et donc le rendement financier de la culture.

De même, tout excès de fumure par rapport à une dose raisonnée ou la non prise en compte de la valeur fertilisante réelle des matières organiques utilisées peut engendrer un excès de reliquats azotés et donc un risque de dépassement de la norme « APL » (azote potentiellement lessivable) qui est d’application en Région Wallonne. Vous trouverez plus de renseignements à ce propos auprès de votre conseiller « Nitrawal » (info sur www.nitrawal.be).

La technique de l’application localisée de la fumure azotée au moment du semis, développée vers les années ’90 par l’IRBAB, permet une meilleure valorisation de l’azote par la plante. Selon la teneur en matière organique des terres, une réduction de 30 %, voire de 50 %, de la dose d’engrais à apporter peut être réalisée par cette technique, sans aucunement pénaliser le rendement financier de la culture.

Plus d’info à ce propos dans le Guide Technique IRBAB : « Fumure azotée en betterave sucrière » (cliquer ICI).

Dans le même sens et grâce à une subvention de la Région Wallonne, l’IRBAB poursuivra en 2010 ses travaux sur les variétés qui présentent des besoins moins élevés en azote, sans que leur rendement financier en soit pénalisé.

10.  Fertilisation minérale azotée Sem.10-11 : Avis de fumure azotée - "Calcul théorique"

Un avis de fumure azotée « Calcul théorique » individuel peut être calculé gratuitement avec le « module avis-N théorique», disponible depuis mars 2006 sur le site Internet de l’IRBAB (cliquez ICI). Ce module permet de situer très facilement un niveau de fumure azotée selon des valeurs standards, sans recourir nécessairement à une analyse de profil. Il tient compte de la teneur en humus du sol et de la valeur fertilisante des matières organiques les plus courantes, selon le moment d’application et les quantités utilisées. De nombreux essais de l’IRBAB ont montré la validité de la dose de fumure azotée établie selon ce modèle.

Le module « avis-N théorique » de l’IRBAB a été quelque peu révisé au cours de l’hiver 2009/2010, en collaboration avec les spécialistes de la fumure azotée du CIPF, de Nitrawal, du CRA-W, de Gembloux Agro-BioTech (ex Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux) et du pôle agronomie du « Earth and Life Institute » de l’UCL (Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale). Les différents outils respectifs d’aide à la décision en matière de fertilisation azotée des cultures ont été ainsi harmonisés.

11.  Fertilisation minérale azotée Sem.10-11 : Avis de fumure azotée - "Conseil moyen"

Comme chaque année depuis 1996, les laboratoires d’analyse du réseau REQUASUD - Chaîne Nitrate réalisent, en collaboration avec le Service Agronomique de la Raffinerie Tirlemontoise et l’IRBAB, des analyses d’une centaine d’échantillons de sol au printemps pour établir les profils moyens en azote minéral des terres avant implantation de la culture de betterave. Un « Conseil moyen » de fumure azotée est ainsi proposé pour les situations les plus standards.

Cependant, du fait des conditions climatiques rencontrées depuis le début mars (sols gelés), de nombreux échantillons sont encore en cours d’analyse. Le « Conseil moyen » proposé traditionnellement vers le 15 mars ne peut être valablement établi à cette date en 2010.

Cependant, il ressort des analyses déjà réalisées que les profils en azote sont un peu plus pauvres que la moyenne. Suite à l’hiver relativement froid, il apparait que la minéralisation a été un peu moins importante qu’attendue. Dans l’attente d’un « Conseil moyen » plus précis, une correction « effet année » peut être proposée en augmentant la dose utilisée en 2009 d’une dizaine d’unités d’azote, pour à une situation identique.

Pour rappel, les conseils moyens de fumure pour les situations les plus standards en 2009 étaient :

·         Après un précédent céréale, paille enlevée :

o   Sans apport organique                                                           100 unités

o   Avec fumier                                                                           75 unités

·         Après les précédents suivants :

o   Pomme de terre                                                                     60 unités

o   Légumineuses (pois, haricots)                                               60 unités

o   Céréale paille enfouie sans azote minéral ou organique        110 unités

Le « Conseil moyen » 2010 devrait être établi pour la semaine 12.

 

Le « Conseil moyen » doit être considéré comme un repère.

Le « Conseil personnalisé » avec analyse de la parcelle reste la recommandation la plus pertinente en cas d’apport d’engrais organiques à action rapide (lisier, fientes) ou d’engrais organiques dont le comportement dans le sol est plus difficilement prévisible (composts de natures diverses) ou avec une prairie en arrière effet.

N’hésitez pas à contacter votre laboratoire provincial (contacts sur www.requasud.be). Le « Conseil personnalisé » peut rapporter gros car l’engrais minéral azoté est coûteux !

Tout excès de fumure par rapport à une fumure raisonnée augmente le risque de dépasser la norme APL en Région Wallonne.

12.  Fertilisation minérale azotée Sem.10-11 : Avis de fumure azotée - "Conseil personnalisé"

Le « Conseil moyen » et le « Calcul théorique » ne remplacent pas un « Conseil personnalisé » établi au niveau de la parcelle et basé sur une analyse de sol. Le « Conseil personnalisé » est indispensable dans le cas

-          d’apports de matières organiques à minéralisation rapide : lisiers, fientes de poule,…

-          d’apports de matières organiques à minéralisation difficilement prévisible : compost,…

-          d’apports de matières organiques d’origine non agricole,

-          d’un précédent laissant un reliquat d’azote assez élevé : pomme de terre, légumineuse,…

-          après retournement d’une prairie. Rappelons dans ce cas qu’aucun apport fertilisant, ni organique ni minéral, n’est autorisé en région Wallonne, au cours de l’année qui suit.

13.  Fertilisation Généralités Sem.10-11 : Micro-éléments - Autres conseils de fumure (bore, magnésium, chaux)

L’analyse du sol renseignera également les teneurs en éléments à ne pas négliger pour la betterave : le bore et le magnésium.

La teneur en bore doit être d’au moins 0,50 mg/kg de sol. La teneur en magnésium doit être comprise entre 10 et 15 mg/100 g de sol. Si un complément en ces éléments s’avère nécessaire, il peut être apporté en présemis, avant ouverture du sol. La disponibilité du bore et du magnésium sera fonction du pH du sol et de l’équilibre en potassium + magnésium par rapport au calcium. Le pH du sol ne doit pas être trop élevé (pHKCl compris entre 6,0 et 6,5 pour des sols sablo-limoneux et 6,7 à 7,1 pour des sols limoneux).

Une application préventive de bore et/ou de magnésie est recommandée dans les terres régulièrement sujettes à ces carences, en particulier celles à pH élevé ou celles sensibles à la sécheresse (zones caillouteuses ou sablonneuses).  Dans ce cas, les apports seront équivalents à 200 à 500 g de bore/ha et/ou à 20 à 40 unités de MgO (selon les résultats de l’analyse des sols).

Un apport supplémentaire de bore ou de magnésium est certainement conseillé pour les variétés décrites par l’IRBAB pour leur sensibilité au blocage ou à la carence en l’un de ces éléments (Fiche Technique des variétés recommandées en 2010 : cliquez ICI). Un apport supplémentaire de magnésium est certainement conseillé en terres contaminées par le nématode à kyste de la betterave.

Un apport superficiel de produits à base de chaux, quelques semaines avant le semis, peut améliorer la structure du sol au niveau du lit de germination. Des apports en présemis ne permettent pas de corriger valablement un pH trop acide du sol.

14.  Pesticides Généralités Sem.10-11 : Listes des produits agréés

Les listes de pesticides agréés en 2010 en culture de betterave à sucre et de chicorée industrielle, disponibles sur le site Internet de l’Institut, ont été mises à jour pour la betterave (cliquez ICI pour les fongicides, cliquez ICI pour les autres pesticides, et cliquez ICI pour les herbicides) et pour la chicorée (cliquez ICI). Pour rappel, les insecticides micro-granulés, applicables au semis de la betterave, ne sont plus autorisés depuis 2009.

15.  Adventices Désherbage préémergence Sem.10-11 : Limitation de dose pour le chloridazon

Lors de l’évaluation du chloridazon au niveau européen, il s’est avéré qu’il faut réduire la dose pour pouvoir appliquer cette substance active d’une manière sûre et, lors de l’inclusion à l’annexe I de la directive 91/414/CEE, une dose maximale de 2,6 kg/ha tous les trois ans a été imposée. Cette limitation ne devrait pas poser de problème pour l’agriculture belge.

En Belgique, les produits phytopharmaceutiques suivants à base de chloridazon sont agréés :

-          PYRAMIN WG

-          PYRAMIN SC 520

-          FIESTA NEW

-          ABRGICHIM CHLORIDAZON SC

-          BOOSTER 520

-          BCP CHLORIDAZON 430 SC

-          BCP CHLORIDAZON 520 SC

-          GLOBAZONE 430 SC

-          LIDAZONE 65 WG

-          GLOBAZONE 520 SC

-          PYROQUIN TDI

-          PYROQUIN TURBO

-          BIETAZOL 520

-          CHLORDEX SC

-          CHLORDEX WG

-          BETTER SC

Les agréations de ces produits ont été modifiées et les détenteurs ont été invités à modifier leurs étiquettes immédiatement. Les stocks de produits munis d’étiquettes non adaptées peuvent encore être vendus jusqu’au 1 juillet 2010. Les cultivateurs sont néanmoins priés de respecter la limitation de la dose à partir du 1 février 2010 (Communiqué de Presse du Service Public Fédéral Santé Publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement du 04/09/2009).

16.  Développement cultural Observatoire & avertissement (correspondants) Sem.10-11: Demande d'observateurs pour le service avertissement

Afin de pouvoir disposer d'un plus grand nombre d'informations issues de la pratique, l'IRBAB fait appel à des collaborateur(trice)s externes pour réaliser des observations régulières en betterave et/ou en chicorée. Celles-ci consistent en des comptages de levées, et en des observations sur les principaux ravageurs et maladies dans un de leurs champs.

D’avantage de collaborateurs sont souhaités pour la saison 2010. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire via info@irbab.be ou contacter le 0496/557.503.

Les documents à utiliser (manuel d'observations, diaporamas, formulaires à compléter au champ) sont disponibles sur le site Internet de l'IRBAB (cfr Page d’accueil > Champs d’observation).